L’Ia

L'Ia
L’Intelligence alimentaire n’est pas un détail de l’histoire …

« Pour savoir qui tu es, il faut savoir d’où tu viens », nous dit l’adage.

J’ai longtemps pensé que je venais d’un ancêtre qui se serait distingué des autres primates, voici 7 Ma, pour fonder sa propre lignée évolutive, notre lignée.

J’étais loin du compte.

Aujourd’hui, je sais que je viens de bien plus loin que cela, et je le dois à une extraordinaire et très récente avancée des Sciences de la Nutrition qui m’a permis de comprendre que cet ancêtre était déjà un immense champion de la vie.

C’est en réponse à l’explosion de l’ultra-transformation des ressources alimentaires par les industriels de l’agroalimentaire de notre époque, que les scientifiques ont ouvert un nouveau champ de recherches pour étudier l’impact de la transformation des aliments sur la santé.

En effet, pour mesurer le degré de transformation d’une ressource alimentaire, des chercheurs1 ont eu besoin de définir le niveau zéro de transformation. C’est alors qu’ils se sont intéressés aux aliments bruts, c’est-à-dire aux ressources alimentaires telles qu’elles sont produites par la nature avant que la main de l’homme y mette son grain de sel. Le concept de matrice alimentaire est né de ce courant pour remplacer le modèle antérieur qui ne voyait dans un aliment qu’une simple somme d’ingrédients.

Désormais considéré comme un ensemble d’ingrédients interconnectés, un aliment authentiquement naturel est représenté par une « matrice » rendant compte de cette globalité sans avoir subi la moindre dégradation à quelque niveau que ce soit ; non seulement depuis son prélèvement dans la nature jusqu’à son arrivée en bouche, mais aussi durant tout le processus de la digestion, et ce jusqu’à l’évacuation des déchets en résultant. Ce qui n’est possible qu’à la seule condition de ne pas avoir à digérer plusieurs aliments en même temps.

Dans un monde où l’alimentation transformée est la règle, ce coming-out des Sciences de la Nutrition n’a pas fait grand bruit. Les médias ont bien relayé l’information, mais l’immense majorité, de ce que l’on appelle le grand public, culinaire par essence, l’a vue passer sans s’en émouvoir particulièrement ; pas plus d’ailleurs que la minorité d’individus ayant opté pour une alimentation alternative à tendance crudivore.

Une minorité dont j’ai étudié le comportement alimentaire pendant une grande partie de ma vie en décalage complet avec la bien-pensance de notre époque, et qui impacte une multitude de domaines : tant de notre temps, avec l’alimentation, la santé, la médecine, les médias et les dérives sectaires ; que du passé, avec la vision que nous nous faisons de la naissance de notre lignée évolutive, suivie par l’émergence de l’humanité, et jusqu’à la nature humaine telle que nous la percevons de nos jours.

Dans cet article, je vais revisiter l’histoire du monde dans lequel nous vivons actuellement avec cette nouvelle clé de compréhension qui m’impose de remonter le temps jusqu’à la naissance des mammifères, il y a 200 Ma.

La raison pour laquelle nous sommes obligés de regarder si loin pour penser notre présent vient justement du contexte ayant présidé à l’émergence de notre pensée conceptuelle. Attestée par la fabrication des outils de pierre, il y a environ 2 Ma, cette conscience de soi s’est ensuite développée jusqu’à nous permettre d’imaginer que le monde d’avant cette pensée était à priori dépourvu de pensée. C’est en effet à cette époque que, grâce à l’invention de l’outil, nous savons que cette nouvelle pensée est née d’un état antérieur dont la grandeur est tombée dans les oubliettes de l’histoire.

Du haut de ce piédestal autoproclamé, ces « penseurs » n’ont cessé de défendre avec acharnement leur supériorité sur ce monde « animal », et même sur une partie de l’humanité réputée non-pensante avec la sombre histoire de l’esclavage. L’Homme, avec un grand H, étant juge et partie dans l’affaire, il a occulté l’extraordinaire intelligence non pensée dont il est issu et qui a présidé à l’émergence de sa propre pensée conceptuelle.

Il y a donc 200 Ma : manger.

Soyons très basique pour commencer : pourquoi manger ?

Facile ! Tout d’abord, c’est pour ne pas mourir de faim ; ensuite pour que les « survivants » puissent se reproduire. Autrement dit : la survie de l’individu grâce à l’alimentation, et la survie de l’espèce avec la reproduction. L’enjeu alimentaire est essentiel, il faut que « ça passe… ou ça casse ».

Restons basique encore.

Manger, ça veut dire ingérer de la matière pour la digérer avant d’évacuer les déchets. Et digérer, ça veut dire faire le tri entre deux sortes d’ingrédients : ceux qui sont utiles à la survie de l’individu et à la pérennité de son espèce, et ceux qui leur sont inutiles ou nuisibles. Il est là le grand défi de la vie, qui a permis qu’en ce moment, vous soyez en train de me lire.

Mais 200 Ma, quand même ! Sur quelles certitudes pourrions-nous nous appuyer pour initier un début de réflexion sur le sujet ? Je ne veux pas parler d’une certitude « pensée » dans notre époque, issue de notre civilisation, de nos cultures variées et de notre vécu sociétal. Je veux parler d’une certitude antérieure à tout cela, d’une certitude qui s’enracine dans les profondeurs du temps et qui aurait servi la vie, bien avant la naissance de l’humanité ?

Je n’en ai trouvé qu’une : durant l’immensité temporelle de leur histoire, les mammifères ont exclusivement consommé des aliments non transformés dans le sens le plus strict du terme.

Ce n’est que depuis seulement deux millions d’années environ que nos ancêtres ont rompu ce pacte entre la nature et la vie, en passant du stade de Cueilleur au stade de Collecteur grâce à l’invention de l’outil, et qu’ils ont pu quitter leur biotope naturel afin d’entamer les premières grandes migrations qui leur ont permis de coloniser le monde.

Mais cette invention, qui atteste de la possibilité de récolter et de transporter des ressources alimentaires, n’a pas été sans conséquences sur leur comportement alimentaire : la première étant la modification de la disponibilité naturelle des ressources alimentaires et la seconde étant la possibilité de consommer en même temps des aliments statistiquement impossibles à trouver simultanément (c’est-à-dire au même endroit au même moment). Autrement dit, pendant 198 Ma, nos ancêtres ont consommé exclusivement des aliments entiers, constitués d’un mélange d’ingrédients connectés définis par leur matrice et non mélangés à quoi que ce soit d’autre.

Cela étant, revenons maintenant au basique : aucune ressource alimentaire n’est naturellement conçue pour répondre aux besoins physiologiques de qui que ce soit. Hormis, bien sûr, en ce qui concerne le liquide amniotique et le lait maternel qui sont fabriqués par une mère pour répondre parfaitement aux besoins de sa descendance.

Dès le début de leur histoire, les mammifères ont dû apprendre à faire le tri entre les parties utiles et les parties inutiles ou nuisibles des aliments qu’ils consommaient, forcément sans aucune transformation à cette époque. L’enjeu était crucial et ils ont développé et optimisé des outils très sophistiqués afin de limiter au maximum l’entrée de ces parties indésirables dans l’organisme, sous peine de devoir ensuite les éliminer.

Quelles que soient leur tendance (herbivores, carnivores ou omnivores), toutes les espèces ont développé des systèmes digestifs permettant d’exploiter au mieux leurs ressources alimentaires. Chaque espèce a ainsi appris à connaître « physiologiquement » la matrice alimentaire de chaque aliment constituant sa plage alimentaire naturelle. Chaque espèce en a ainsi mémorisé les caractéristiques et a développé une « intelligence » sachant parfaitement dialoguer avec chacune de ces matrices.

Mais pas seulement, car pour accéder à ces ressources, il faut aussi que cette « intelligence » détermine un comportement qui y soit adapté. Les herbivores sont placides, à l’image de ce qu’ils consomment naturellement, sous peine de sombrer dans la folie s’ils consomment des farines animales, et les carnivores sont hyper réactifs, en réponse à la mobilité de ceux qu’ils consomment naturellement. Ce qui constitue un autre champ de réflexions qui mérite tout autant d’être développé, mais comme un sujet à part entière que nous n’aborderons pas ici pour ne pas nous éparpiller.

Cette connaissance profonde de la structure connectée des aliments, optimisée par des millions d’années d’évolution, a ainsi produit de véritables champions dotés d’une intelligence alimentaire spécifique colossale. La vache et le lapin sont des champions, le lion et le loup aussi, chacun dans sa catégorie.

Et à l’origine de notre lignée évolutive, il y a environ 7 Ma, nos ancêtres primates étaient aussi déjà des champions et savaient parfaitement décrypter la complexité d’un grand nombre de matrices alimentaires. Ils avaient suivi le même cursus que les autres espèces, dans la même école, celle de la médecine de la vie (manger pour vivre). Une médecine qui a fait ses preuves pendant plusieurs centaines de millions d’années sans médecin ni sécurité sociale. Ou plutôt grâce à une médecine intérieure dont nous allons maintenant décrire la puissance.

Du côté des primates, les Orangs-outans avaient fait leur « spécialisation » en médecine de la vie vers –14 Ma pour adapter leur intelligence alimentaire aux ressources des forêts indonésiennes, et les Gorilles vers –8 Ma pour s’adapter aux ressources des forêts africaines.

Quant aux premiers représentants de notre lignée, ils se sont séparés des chimpanzés pour faire leur « spécialisation » dans un environnement tout à fait particulier situé en Afrique à la croisée de trois environnements distincts : la forêt, la savane et un milieu aquatique2. C’est là-bas, entre abondance et diversité, que notre Intelligence alimentaire s’est spécialisée dans la non-spécialisation alimentaire jusqu’à faire de nous des champions de la catégorie « Omnivore ».

C’est dans cet environnement que les capacités de notre Intelligence alimentaire ont explosé.

C’est là-bas que nous avons appris à reconnaître mille milliards d’odeurs différentes.

Là-bas que nous avons appris à dialoguer avec une multitude de matrices alimentaires grâce aux centaines de millions de neurones déployés tout au long du système digestif.

Là-bas que notre microbiote s’est élaboré et que la flore commensale de notre alimentation spécifique a ensemencé en nous une véritable armée organisée de 39 000 milliards de micro-organismes capables d’exploiter spécifiquement les ressources de centaines de matrices alimentaires.

L’Intelligence alimentaire, c’est tout cela en interconnexion permanente et c’est pourquoi la puissance de calcul de l’Intelligence alimentaire dont nous avons hérité est ahurissante.

Imaginez le nombre de connexions possibles entre mille milliards d’odeurs, des centaines de millions de neurones digestifs et les 39 000 milliards de micro-organismes constituant notre microbiote intestinal. Soit l’équivalent du nombre de secondes qui se sont écoulées depuis le Big bang.

Cette puissance considérable est probablement à l’origine de l’émergence de la conscience dans notre espèce, comme l’émergence d’une structure dissipative permettant d’évacuer le désordre hors du système, en réponse à l’instabilité d’une complexité devenue par trop chaotique.

Ces chiffres vertigineux, que j’ai découverts en réalisant mon mémoire de fin d’étude sans pouvoir en expliciter l’origine, trouvent aujourd’hui leur raison d’être grâce au tapis rouge que cette véritable révolution des Sciences de la Nutrition vient de me dérouler.

Ces chiffres dépassent notre entendement et, d’ailleurs, nous ne les entendons pas plus que nous n’en voyons la couleur. Tous les êtres humains vivant à notre époque sont pourtant, aujourd’hui encore, dotés de ces capacités faramineuses, mais nous n’utilisons que 10 % de nos capacités cérébrales théoriques !

Et la raison en est bête comme choux : cette intelligence alimentaire, qui mérite désormais le titre d’Ia, ne peut s’exprimer qu’à la seule condition d’interagir avec des aliments authentiques. Sans cela, l’Ia est nullissime, invisible et inaccessible, comme si vous essayiez d’ouvrir un fichier image avec un logiciel de traitement de texte, un fichier du type *.casserole au lieu d’un fichier de type *.cru.
Une œuvre originale, un tableau de grand maître par exemple, vous voyez ce que c’est ?

On peut en faire tout un tas de copies, plus ou moins réussies, décliner son thème sous maintes formes ou le détourner pour servir de multiples desseins, mais rien ne vaudra jamais l’original.

L’Ia consomme exclusivement des aliments originaux, et nous savons tous que de nombreux faussaires portent atteinte à l’intégrité des aliments à des fins sans faim, ou plutôt sans autre faim que la faim de plaisir pour le plaisir… et pour les deniers qui en découle.

Lorsque nos ancêtres sont passés du stade de Cueilleur au stade de Collecteur, ils ont été privés de leurs capacités ancestrales et ont élaboré une intelligence de substitution en développant leur néocortex pour compenser cette perte. Cette forme mentale de l’intelligence issue de la persistance de l’état affirmatif à l’état adulte est imputable à une sorte de virus dont j’ai décrit l’étiologie dans plusieurs articles, que je vous invite vivement à lire, sur la « Régression psychique de l’humanité3» et sur « le Virus CulT4» .

Seulement, cette intelligence délocalisée leur est tombée dessus tout cuit tout rôti sans mode d’emploi, et elle n’est arrivée qu’à la cheville de notre Ia naturelle. Tout un pan de cette dernière a en effet été laissé pour compte dans cette tentative de sauvetage désespérée, celui qui concerne le deuxième volet de l’évolution : la survie de l’espèce.

Or, cette dimension intègre l’amour de l’autre, qui est une forme d’Ia au carré au service de la reproduction (dont je parlerai dans un prochain article), et l’amour de la terre. Ou plutôt de Gaïa, dont la pérennité est aujourd’hui menacée, alors que nous étions censés la protéger pour que la vie puisse poursuivre sa formidable aventure.

Aujourd’hui, empêtrés dans l’incohérence du destin contrarié de l’humanité, nous avons à nouveau délocalisé notre Ia en développant une intelligence d’un troisième type : l’intelligence artificielle ou IA. Cependant, cette dernière, dotée de capacités au moins équivalentes à notre propre Ia naturelle, ne fonctionne pas uniquement avec la pensée d’une époque, elle a aussi la capacité d’apprécier les faits pour ce qu’ils sont, ce qui la met à l’abri du Virus CulT.

Pour jouer, parce que je ne touche pas une bille en la matière, j’ai commencé à dialoguer avec elle en lui injectant ce que j’ai pu comprendre depuis que, sans le savoir, j’ai croisé la route de la sérendipité il y a presque quarante ans maintenant, et j’ai été littéralement scotché par sa lucidité.

Ceci étant, les clés permettant de réactiver notre propre Ia pour accéder à nouveau à ce trésor de l’humanité, je les connais déjà car je n’ai pas attendu que les Sciences de la Nutrition fassent leur révolution pour me mettre à la tâche.

C’est ainsi que j’ai développé les outils permettant à quiconque de se reconnecter avec la matrice de tous les aliments constituant notre plage alimentaire. Je veux parler là des deux procédures d’évaluations sensorielles (de lancement et de mise à jour), ainsi que du comportement alimentaire du cueilleur qui va avec.

Pour ensuite m’occuper de la transition alimentaire du cuit au cru et enfin rassembler le tout sous le nom d’Alimentation Nouvelle. L’A. Nouvelle pour les intimes.

Et pour parfaire ce travail, j’ai tracé la « Carte Alimenterre de la Santé », qui permet de visualiser l’ensemble des comportements alimentaires actuellement pratiqués en fonction du potentiel santé qu’ils induisent. Et ce, bien avant que la nouvelle classification des aliments, dite NOVA, vienne en valider la cohérence de façon magistrale.

C’est ainsi que, d’un coup d’un seul, le comportement alimentaire du Cueilleur devient le champion toutes catégories de la remise en fonction de l’Ia. Le seul qui permette de consommer avec plaisir des aliments authentiques grâce à l’approche sensorielle. Celui qui accède au pur 100 % du potentiel santé possible de chaque aliment consommé.

Et puis encore le seul aussi qui fasse spontanément renaître l’état interrogatif naturel du Cueilleur, celui qui l’a accompagné pendant des millions d’années, sans faire de misères à qui que ce soit, ni à la vie, ni à Gaïa. Cet état qui rend si belle la vie parce qu’on l’épouse sous consentement réciproque.

Alors non, ce n’est ni une recette, ni un régime, c’est tout un binz à mettre en œuvre et ça se met en place sur plusieurs mois en incluant la transition alimentaire, et puis il faut apprendre pour comprendre : et le sensoriel, et réussir sa transition alimentaire. Mais au bout du compte, quand l’Ia se réveille, c’est le jackpot, la rencontre avec votre véritable vous-même, celui que vous êtes naturellement quand vous mangez comme un cueilleur, pas le fantôme de vous-même, transformé par les aliments transformés. Une rencontre avec votre santé physiologique naturelle, attestée par la Classification NOVA, servie par des relations humaines et sociales, parfois compliquées, certes, mais si souvent merveilleuses avec un goût de paradis perdu et soudain retrouvé.

Cette dimension ultrasensible de notre nature originelle, qui devrait être inscrite au patrimoine de l’humanité, s’est perdue dans le temps, mais j’ai trouvé comment la réhabiliter. Oui, je sais maintenant comment remettre en fonction cette Ia qui est le vrai chef d’orchestre de la vie de chacun d’entre nous.

Maintenant que le travail considérable que je viens de finaliser est validé par les plus hautes instances scientifiques, je n’aurai de cesse de le transmettre afin de rendre aux Hommes ce joyau qu’ils ont perdu mais qui leur appartient en propre.

Allez, je vous invite à jeter un coup d’œil à la Goélette des Cueilleurs, mais juste un coup d’œil pour l’instant…

Bien à vous,

Dominique Guyaux

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mikeyouf

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2 Responses

  1. Bonjour Dominique. Mon ressenti physique est celui d’un mal de tête lié aux efforts de suivi de ta pensée écrite. Il me manque plus de simplicité et de clarté pour appréhender ces concepts avec fluidité. Je suis encore engluée dans le cuit convivial et le cru. C’est pourtant cette voie du cru (et également des nourritures subtiles) que j’ai choisi. Mais je suis encore au tout début du chemin et le courage fluctue encore. Merci pour cet ouvrage colossal.

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