Révélations sur la matrice alimentaire

La matrice du temps perdu enfin retrouvée…

Je tiens à vous parler de la matrice alimentaire qui a vu le jour au Brésil et qui a permis à des chercheurs en nutrition d’ouvrir la voie à une nouvelle compréhension de la nutrition.

Auparavant, les scientifiques pensaient que la santé dépendait de la composition des aliments, dont le Nutri-score1 est censé rendre compte. Jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’un aliment dont les différents ingrédients sont naturellement connectés forment un tout n’ayant pas du tout la même puissance vitale qu’un aliment reconstitué à partir de ces mêmes ingrédients déconnectés les uns des autres.

Ce potentiel santé a été baptisé « effet matrice » et de nombreuses études ont permis de démontrer que la valeur de ce potentiel dépendait directement du degré de transformation des aliments consommés. Une nouvelle classification des aliments, la classification NOVA, a donc été élaborée en fonction de ce critère. Elle a déjà été adoptée au Brésil sur le plan national, et est en passe de l’être aussi par un certain nombre d’autres pays dans le monde.

Élaborée par l’équipe de Carlos Monteiro2, la NOVA distingue quatre groupes d’aliments selon leur degré de transformation :

Groupe 1 : Les aliments bruts ou peu transformés 
Groupe 2 : Les ingrédients culinaires
Groupe 3 : Les aliments transformés
Groupe 4 : Les aliments ultra transformés.

Grâce à cette nouvelle compréhension des choses, les différents comportements alimentaires pratiqués aujourd’hui peuvent être classés en fonction de l’importance de l’effet matrice qu’ils induisent, et donc du potentiel santé qui en découle. Or, pour les chercheurs ayant élaboré la classification NOVA, il n’existe pas de comportement alimentaire permettant de consommer exclusivement des aliments dont la matrice a été intégralement respectée.

C’est pourquoi le Groupe 1 mérite d’être discuté, car cette absence les a conduit à regrouper les aliments bruts et peu transformés en une seule et même catégorie.

S’ils avaient eu connaissance d’un comportement le permettant, ils auraient ajouté un groupe pour lui seul, à savoir le Groupe 0, celui des aliments bruts (natifs).

Et s’ils ne l’ont pas fait, c’est à cause du plaisir, car consommer des aliments bruts sans avoir besoin de les « embellir » artificiellement pour pallier à cette absence, était juste inconcevable.

A leur connaissance, il n’existe qu’un seul moyen d’accéder au plaisir de manger à tous les coups, c’est de transformer les aliments. Et pour cause, tous les habitants de la terre cuisinent aujourd’hui, et dans chaque foyer il y a un, ou plutôt « une » spécialiste de la question qui fait de son mieux pour s’acquitter de cette tâche. Tout en haut de l’échelle, il y a les grands chefs, qui flirtent avec l’art culinaire sans même se douter qu’ils sont des lanceurs d’alerte au service d’une absurdité, celle du plaisir pour le plaisir. En l’absence totale d’alternative permettant d’accéder au plaisir autrement que par le mental, on peut tout à fait comprendre cette omission des scientifiques.

Mais si vous êtes en train de me lire, c’est que vous faites partie des rares individus suffisamment éclairés sur la question pour savoir qu’il existe deux sortes de plaisirs, le plaisir mental, fabriqué par le cerveau conscient d’un cuisinier, et le plaisir vrai, naturellement induit par une approche sensorielle de l’alimentation.
Attention à ne pas confondre manger cru en transformant et manger cru sans transformer.

Dans le premier cas, le plaisir est fabriqué par le mental, et les bienfaits ressentis sont très majoritairement induits par l’abandon de la cuisson. Dans le deuxième cas, le plaisir a un sens biologique et les bienfaits induits par la fonction fondamentale du plaisir vrai, s’ajoutent aux bienfaits induits par l’abstinence culinaire. Ceci étant, manger cru en transformant « légèrement », fait déjà de vous un grand acteur de la transition alimentaire et, potentiellement, un acteur de tête d’affiche.

Mais revenons au Groupe zéro de la Nova et regardons quel est le cahier des charges d’un comportement alimentaire permettant de consommer 100% d’aliments non transformés :

  1. 1) Une façon d’accéder au plaisir ne faisant intervenir aucun artifice
  2. 2) Des prises alimentaires systématiquement et exclusivement constituées d’un seul aliment
  3. 3) Une plage alimentaire très variée
  4. 4) Un chef d’orchestre extérieur permettant de réguler la consommation de tous les aliments de cette plage alimentaire.

Lorsque j’ai découvert ce cahier des charges il y a peu, ça a été un véritable choc pour moi, car j’avais sous les yeux le cahier des charges du comportement alimentaire que j’avais mis plus de trente années à élaborer.

« Si l’effet matrice était une main, je pourrais dire que je lui ai façonné un gant sur mesure sans le savoir. »

C’est par ces mots que j’ai pris contact avec le scientifique français le plus compétent en la matière, le Dr Anthony Fardet3, pour lui présenter mon travail et lui exposer brièvement les caractéristiques de l’Alimentation Nouvelle4.

Il m’a très vite répondu : « … Je ne connaissais pas votre site mais il semble en effet que nous nous rejoignons sur de nombreux points : je vais regarder et lire attentivement tous les liens que vous m’avez envoyés. Bravo pour avoir pris conscience de principes fondamentaux bien avant l’heure ! Au plaisir de se rencontrer à l’occasion. Restons en contact si vous le voulez bien ».

Dans cette première approche, je lui avais brièvement décrit l’Alimentation Nouvelle en ces termes :

— 100 % d’aliments bruts ou vrais dont la matrice est intégralement préservée;

— Le mono aliment intégral qui préserve l’effet matrice tout au long de la digestion avec environ 5 à 6 prises alimentaires par jour;

— Une plage alimentaire maximale organisée en fonction de la disponibilité naturelle des aliments. D’où une consommation de viande naturellement restreinte, car il s’agit d’un aléatoire. Or la consommation de viande, exacerbée par la cuisson, pose de nombreux problèmes écologiques aux scientifiques.

— Le plaisir fabriqué grâce aux 15 % d’ingrédients du groupe 2 est ici remplacé par un plaisir sensoriel dont la fonction est de récompenser une adéquation entre un aliment donné et les besoins physiologiques d’un individu.

Ce comportement alimentaire s’avère être le seul et unique qui puisse entrer dans le Groupe 0 de la classification NOVA (même l’Instinctothérapie, avec ses deux repas d’empilage, est loin du compte en ce qui concerne le potentiel santé de l’effet matrice).

En foi de quoi, l’Alimentation Nouvelle se présente désormais comme la Rolex de la nutrition et je remercie au passage tous ces scientifiques qui viennent de rendre un hommage magistral à mon travail.

Et merci à vous aussi, car maintenant que vous connaissez le potentiel santé de votre comportement alimentaire, et que vous savez aussi comment l’améliorer, c’est sur vous que repose l’avenir de l’âme du cueilleur. La prochaine fois que vous mangerez une simple carotte avec plaisir, ou tout autre aliment natif, je vous invite à réaliser que vous êtes en train de croquer dans un joyau de la santé exceptionnel, au lieu des bijoux banals que sont les carottes rappées et bien maquillées.

Pour conclure : la formation « Alimentation Nouvelle » que je viens de mettre en ligne vise à transmettre ce qui se fait de mieux à ce jour pour servir la santé en permettant à chacun d’ajuster son cap en fonction de ses propres spécificités individuelles et de façon totalement autonome.

Avec ces connaissances, c’est vous qui tiendrez la barre de votre santé et je vous souhaite bon vent et longue vie…

Bien à vous,

Dominique Guyaux

1 Le Nutri-score est un système d’étiquetage nutritionnel à cinq niveaux, allant de A à E et du vert au rouge, placé sur le devant des emballages alimentaires, établi en fonction de la valeur nutritionnelle d’un produit alimentaire. Wikipédiatre

2Carlos Monteiro is a Professor of Nutrition and Public Health at the School of Public Health,
University of Sao Paulo, Brazil where he chairs the Center for Epidemiological Studies in Health and Nutrition.

3 Le Dr Anthony Fardet est de formation ingénieur agro-alimentaire de l’Agro ParisTech. Il est aujourd’hui Chargé de Recherches en Alimentation Préventive & Holistique dans l’Unité de Nutrition Humaine à l’INRA de Clermont-Ferrand et auteur de : « Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai » (Editions Thierry Souccar).

4https://alimentationsensorielle.fr/lalimentation-nouvelle/

Image de Dominique Guyaux

Dominique Guyaux

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