Révélation sur une révélation

Manger normalement, vous savez ce que ça veut dire, vous le savez profondément, j’allais dire viscéralement…

La simple idée de se passer de la cuisine est très déstabilisante, autant par la perte des plaisirs qu’elle dispense, que par l’absence d’alternatives.

Pourtant, historiquement, cette normalité n’a pas toujours été, elle a germé il y a environ 200 000 ans avec le développement du néocortex, et cela a bien aidé nos ancêtres pour survivre dans des contrées inadaptées à leur nature.

Il y a 200 000 ans donc, et avant cela ? Bien sûr qu’ils mangeaient nos ancêtres, et ils ont même mangé pendant des millions d’années, sans cuisiner.

Avant cela, il y eu d’évidence une approche différente de cette « normalité », une approche qui a bénéficié d’un temps considérable pour se parfaire avant que la cuisine ne prenne le pas sur elle.

La longévité de ce premier comportement alimentaire est époustouflante, près de 7 millions d’années d’évolution à s’optimiser et se parfaire au fil du temps. Et puis pourquoi s’arrêter là? Le temps de l’ancêtre commun aux hommes et aux chimpanzés doit lui aussi être compté, tout comme celui des primates et ainsi de suite en remontant jusqu’aux racines de la vie, il y a environ 3,8 milliards d’années.

Cette expérience fondamentale s’est évidemment gravée dans notre patrimoine génétique, elle s’exprime par le cerveau ancien, le cerveau reptilien, un cerveau qui échappe à la conscience du récent néocortex.

Ce cerveau n’a pas besoin de la pensée consciente pour fonctionner parfaitement, il s’est élaboré pour optimiser spontanément la fonction alimentaire parce que la survie de l’individu est une priorité en regard de l’évolution.

Si tant est qu’il puisse s’exprimer dans un environnement similaire à celui qui l’a engendré et avec lequel une connexion directe peut être établie sans passer par la pensée consciente.

1) La cuisine est un produit du cerveau conscient, qu’on appelle le néocortex et qui est apparu il y a environ 200 000 ans.

Ici, on transforme avec sa tête, on mange avec sa tête et avec la sagesse de plein d’autres têtes « savantes ». Ici, il faut éduquer les enfants, leur apprendre à suivre des règles et à maitriser leurs envies. Ici, les adultes doivent se surveiller ad vitam pour tenter de ne pas grossir ou éviter toute une série de pathologies directement impactées par l’alimentation ;

2) Les aliments natifs sont produits par la nature, et l’évolution nous a doté d’outils sensoriels très puissants pour en assurer la gestion. Ces derniers se sont perfectionnés durant des millions d’années et leurs capacités se sont gravées dans nos gênes.

Ici, on mange cru en se connectant à son cerveau reptilien et en écoutant sa sagesse sensorielle, sans rien avoir à apprendre, juste à désapprendre, sans condamner bien sûr, car ces deux cerveaux sont en nous, c’est un fait.

Au final, la Transition AlimenTerre est une véritable révolution car elle permet de réconcilier nos deux cerveaux sans que l’un ou l’autre ne se sente lésé dans l’aventure de la vie.

La guerre du cru est un non-sens car elle oppose des cerveaux qui ne sont pas de même nature.

Ces deux cerveaux ont besoin l’un de l’autre pour résoudre une équation alimentaire qui, de nos jours, se positionne entre nature et culture.

Le néocortex peut nous aider à rétablir la connexion sensorielle (conditions d’expression) qui donne les clés de la potion magique de la santé (cueilleur).

Pour bien manger en mer culinaire, il faut penser avec sa tête si on ne veut pas que les choses dérapent (néocortex), alors qu’il faut laisser faire nos sens (cerveau reptilien) pour manger cru idéalement.

Pour bien manger en mer sensorielle, il faut au contraire faire taire ce néocortex pour que le cerveau reptilien puisse donner le meilleur de lui-même.

Sans avoir besoin d’apprendre quoi que ce soit ; si ce n’est de désapprendre les arcanes du monde culinaire sans pour autant les diaboliser.

Dans le monde culinaire, l’alimentaire fait taire les aliments (alimen-taire), et dans le monde sensoriel, l’AlimenTerre fait parler nos racines.

La paix du cru est néanmoins entre les mains du néocortex, car la bienveillance ne peut venir que de celui qui en sait le plus, pas de celui qui en sait le moins.

Celui qui n’utilise pas ses capacités sensorielles pour se nourrir est bien plus à plaindre que celui qui les utilise.

Le cru sait, mais il sait aussi que le culinaire ne sait pas, c’est pourquoi il porte la responsabilité de la paix du cru (sans provocation et de l’esquive molle si besoin est).

Cette approche se veut douce, car respectueuse de l’histoire alimentaire de chacun, et durable, car le cuit n’y est plus considéré comme un ennemi, faisant de vous un guerrier perpétuellement en lutte, mais comme un partenaire souvent pas très sympa, certes, mais qu’il est possible d’apprivoiser à moindre frais avec des outils adaptés.

Lorsque vous aurez acquis une autonomie sensorielle et comportementale totale, vous pourrez naviguer sur toutes les mers de la Carte AlimenTerre en tant que capitaine de votre propre vie.

Bon vent à tous,

Dominique Guyaux

Dominique Guyaux

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