Des profondeurs du temps à aujourd’hui

Les plus anciennes traces de tumeur ont été découvertes en Afrique du sud chez deux hominidés.
« Non, le régime paléolithique ne protégeait pas du cancer » titrait « Science et Avenir » en aout 2016. Et dans leurs commentaires on peut lire : « Cette découverte indique également que le régime alimentaire de ces hominidés et ces australopithèques ne les protégeaient pas de la survenue de tumeurs malignes ou bénignes. »
Mais qu’en est-il de leur « régime alimentaire » ?

Je parlerai plutôt de leur comportement alimentaire qui est une notion plus complète car elle intègre la façon dont les aliments sont consommés. Or donc, deux millions d’années, ces individus savaient fabriquer des outils en pierre. Ils avaient donc une certaine intelligence conceptuelle, ils devaient donc aussi être capables de travailler les végétaux pour fabriquer des paniers. Or un panier permet de stocker et de transporter des ressources alimentaires. Eux, étaient des collecteurs, avant eux il n’y avait que des cueilleurs, des individus qui n’avaient pas d’outils, qui consommaient sur place et s’en allaient les mains vides une fois repus.
Quelle importance me direz-vous ? Probablement très grande, car pendant toute leur histoire évolutive, les cueilleurs ont pratiqué le mono aliment et leur système digestif s’est élaboré dans ce contexte physiologique. Quand le collecteur rentre au « camp de base » les bras chargés des multiples ressources alimentaires récoltées au fil de sa tournée, il retrouve d’autres équipes ayant fait la même chose avec d’autres aliments, qui du miel, qui des noix, qui des mangues et qui des cocos… Dès lors, et ce pour la première fois de leur histoire, nos ancêtres vont pouvoir faire de l’empilage alimentaire, c’est-à-dire que leur prises alimentaires seront constituées de plusieurs aliments différents qu’ils vont devoir digérer de concert. Naturellement, ces aliments sont disséminés dans la nature, pas comme dans un supermarché. Statistiquement parlant, dans la très grande majorité des cas, il faut du temps pour passer d’une ressource alimentaire à l’autre, et c’est ce temps qui permet au système digestif un travail simple et d’une grande efficacité. En théorie tout du moins, car pour le savoir en vérité, il faut avoir essayé de se nourrir comme un cueilleur et comme un collecteur.
Il n’est donc pour moi pas étonnant de retrouver des traces de cancer chez ces ancêtres collecteurs, même si la fréquence de ces cancers était certainement considérablement plus faible que ce que nous pouvons observer aujourd’hui dans le cadre d’une alimentation majoritairement transformée.

L’article du Figaro :
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/des-traces-de-cancer-de-2-millions-d-annees-decouverte-chez-des-hominides_102153
L’abstract de la publication scientifique en question :
http://www.sajs.co.za/earliest-hominin-cancer-1-7-million-year-old-osteosarcoma-swartkrans-cave-south-africa/edward-j-odes-patrick-s-randolph-quinney-maryna-steyn-zach-throckmorton-jacqueline-s-smilg-bernhard

4 réactions sur “Des profondeurs du temps à aujourd’hui

    • Bonjour, lorsque vous avez cliqué sur « lire la suite » vous tombez sur une page dont le début est le même que celui de la page précédente, il vous faut donc descendre pour voir la suite en dessous. Chez moi ça marche en tous cas. Dites moi si c’est bien ça.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s