Note de l’auteur : Cet article est le fruit de trente années de pratique, vingt années d’enseignement, d’expériences et d’observations, et dix années de recherches scientifiques. Chaque fois que mes propos font appel à des travaux faisant preuve, je mets un point d’honneur à les citer. Cela étant, mes recherches m’ont conduit dans une dimension de l’homme encore inexplorée, celle de l’alimentation sensorielle. Un peu comme si je naviguais dans une zone insondée, et dans une zone insondée, on n’a pas de mesures et on ne peut se référer à rien, puisque rien n’y a encore été fait ni mesuré. Cette réalité vaut autant sur le plan scientifique que sur le plan de la pensée, ce qui me pousse parfois à tenir des propos à priori dérangeants. C’est pourquoi je tiens à vous préciser que pour vous écrire cet article, je me suis appuyé sur une montagne de connaissances et une grande expertise qu’il ne tient qu’à vous de découvrir.
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Nous assistons à un effondrement du système immunitaire de l’homme à l’échelle quasi planétaire. Les conséquences sur nos vies seront considérables et la gravité de la situation incite à la réserve.
Cela étant, je considère comme un devoir de transmettre aux crudivores (voire plus si affinités) des informations qui les concernent tous de près ou de loin. Dans la période troublée que nous traversons, l’actualité pose des questions de fond sur l’immunité de notre espèce toute entière. Nous allons donc y jeter un coup d’œil sans concessions avec le spectre du paradigme culinaire qui plane au-dessus de nos têtes à tous, par Toutatis !
Commençons par noter que 60 à 70 % des cellules immunitaires sont concentrées dans l’intestin pour faire la police dans le microbiote intestinal. Or, le microbiote intestinal est le principal acteur de la scène du système immunitaire[1] et l’alimentation transformée l’affecte profondément (voir biblio du Mémoire[2]). Une multitude de preuves directes et indirectes en attestent, mais la recherche n’a pas encore trouvé de raisons d’aller creuser dans cette direction.
L’étude du microbiote des crudivores sensoriels est un projet de recherche qui me tient très à cœur et que j’ai développé dans mon mémoire en espérant qu’un jour… Et ce jour est arrivé voici quelques semaines lorsque je suis entré en contact avec un chercheur italien, un spécialiste du microbiote intestinal, qui souhaite se lancer dans l’étude de celui des crudivores. J’ai assez d’amis « cueilleurs » pour lancer une telle étude qui devrait permettre de découvrir la composition du microbiote intestinal naturel de l’homme. En regards de cette référence, les chercheurs pourront enfin distinguer avec certitude le normal du pathologique dans un microbiote perturbé par un comportement alimentaire particulier.
Quoi qu’il en soit, en réponse à l’invasion constante du microbiote par les corps étrangers issus de l’alimentation transformée, les cellules immunitaires qui vivent dans le microbiote intestinal sont en alerte permanente. Ce qui explique que les analyses sanguines des crudivores expriment un déficit de défenses relativement à la norme culinaire. Le système immunitaire étant en permanence sollicité, un virus noyé dans une multitude d’autres corps étrangers pourra passer inaperçu un certain temps, durant lequel il pourra se reproduire jusqu’à ce que le système immunitaire le repère enfin. Ensuite, si le terrain est solide, tout se passera bien, mais plus le terrain sera dégradé et plus les complications seront fréquentes et graves.
C’est pourquoi moins vous consommerez d’aliments transformés, mieux votre microbiote intestinal se portera et plus votre système immunitaire sera fort.
Mais si on supprime les aliments transformés de son alimentation, on se retrouve forcément dans le « manger cru ».
Allons donc y faire un petit tour mais, surtout, n’oublions pas que manger cru, ça veut dire deux choses.
Tout d’abord :
- ne pas manger transformé.
Et, ensuite :
- manger cru.
Les crudivores profitent donc des bienfaits dus à l’arrêt du transformé et des bienfaits induits par leur façon de manger cru. Or, ces derniers sont très variables.
Le jeûne[3], qui est la façon la plus radicale de ne pas consommer d’aliments transformés, ne peut se pratiquer que de manière ponctuelle, durant quelques jours ou quelques semaines.
L’introduction de jus verts ou la pratique de la crusine seront bénéfiques pendant quelques semaines ou mois avant de montrer leurs limites.
Quant à l’alimentation vivante, le végétalisme, le végétarisme, le véganisme[4] et le frugivorisme[5], on peut compter de quelques mois à quelques années pour les plus chanceux et certaines déconvenues pour tous les autres. La palme d’or revient au crudivorisme sensoriel qui est le seul mode alimentaire à pouvoir servir des dizaines d’années, dans le cas du collecteur, et sans limite de temps dans le cas du cueilleur.
Oui, j’ai appuyé le trait, car même si cette affirmation peut sembler péremptoire à certains, elle ne tombe pas du ciel : elle repose sur un travail considérable et des décennies d’expériences, de recherches et d’observations. Il va sans dire que, pour la comprendre, il est préférable d’avoir tous les éléments à sa disposition[6]. Si vous ignorez tout du cueilleur, il vous sera certainement impossible d’accepter cette affirmation à priori, et je m’en réjoui, car cela vous incitera peut-être à chercher à en savoir plus sur lui.
J’aimerais ouvrir ici une petite parenthèse à l’attention de ceux qui pourraient penser être arrivés au bout de la route de la transition alimentaire alors que ce n’est pas le cas. En attribuant exclusivement les bienfaits induits par le cru à sa façon de manger cru, sans prendre en compte la part inhérente à l’arrêt du transformé, on se trompe soi-même. En faisant de cette pratique une vérité ultime applicable à tous et en toutes circonstances, on risque de tromper beaucoup de monde.
Nous en arrivons donc à deux règles :
Moins vous consommerez d’aliments transformés, mieux votre microbiote intestinal se portera et plus votre système immunitaire sera fort.
Et :
Mieux vous mangerez cru et plus votre microbiote et votre système immunitaire seront puissants et efficaces dans la durée.
Maintenant, nous avons tous les éléments pour éclaircir la situation particulière des crudivores face au coronavirus.
Ainsi, compte tenu de tout ce qui vient d’être énoncé, il est fort probable que les crudivores non sensoriels soient privilégiés par rapport aux culinaires face au coronavirus ; et tout aussi probable que les cueilleurs sensoriels et les collecteurs sensoriels soient hyper privilégiés.
Les crudivores sensoriels contaminés devraient logiquement présenter des symptômes insignifiants et des risques de complications inexistants, y compris chez les personnes âgées.
Chez les crudivores non sensoriels, on sera toujours mieux lotis que les culinaires, ne serait-ce que par l’arrêt des aliments transformés, mais le « supplément d’âme » apporté par le cru sera variable en fonction de l’efficacité des différentes façons de manger cru (ou de ne pas consommer d’aliments transformés).
Par conséquent, on peut s’attendre à ce qu’il y ait un plus grand nombre de crudivores contaminés asymptomatiques que de culinaires contaminés asymptomatiques.
C’est pourquoi je vous incite à prendre vos responsabilités en connaissance de cause, en respectant le confinement de façon encore plus draconienne que les autres. Notamment si vous avez des parents âgés ayant un système immunitaire de culinaire « normal ».
Ainsi se termine cette longue digression consacrée au coronavirus. J’espère vous avoir apporté des informations utiles en cette période d’incertitude, et avoir éveillé votre curiosité pour un monde dans lequel vous faites figure de pionniers.
Bien à vous,
Dominique Guyaux
[1] https://www.pileje.fr/revue-sante/immunite-role-microbiote-intestinal
[2] https://alimentationsensorielle.fr/wp-content/uploads/2016/06/memoire-scientifique-du-cru-au-cuit-du-cuit-au-cru.pdf
[3] https://alimentationsensorielle.fr/2018/05/16/revelations-sur-le-jeune/
[4] https://alimentationsensorielle.fr/2018/02/15/revelations-sur-la-viande/
[5] https://alimentationsensorielle.fr/2019/04/28/revelations-sur-les-frugivores/
[6] Voir L’éloge du cru, Dervy, 2016, et le mémoire EPHE

